Le Collectif Belle Insolence fait vibrer la tragédie de Federico García Lorca avec Noces de sang, à découvrir tous les mercredis au Théâtre de Nesle, à Saint-Germain-des-Prés.

Le jour de son mariage, une jeune femme prend une décision qui bouleverse le cours de son existence : elle fuit pour retrouver son amour de jeunesse. Inspirée d'un fait divers survenu dans une communauté gitane de l'Espagne des années 1930, la pièce explore les conflits entre les sentiments et les règles établies, et interroge la place de l'amour, le poids de la religion et des traditions, ainsi que la possibilité de choisir librement sa destinée.

Léa-Anaïs Passard signe la traduction et l'adaptation, et assure la mise en scène aux côtés de Marie Venturi. Leurs dialogues directs et vivants préservent la poésie et les métaphores de l'œuvre originale. La scénographie s'appuie sur des images fortes : les pétales de roses, présents tout au long du spectacle, évoquent tour à tour l'amour, la passion, la pureté, la richesse et la mort, tandis que les jeux de lumière offrent au spectateur la chaleur de la terre andalouse. Le flamenco, avec ses pas de danse, ses sonorités de cloches et ses influences musicales espagnoles, donne du rythme à l'action et mêle la fête à la tragédie.

La distribution réunit Béatrice Hallouët, la Mère, Hugo Palomba, le Fiancé, et Léa-Anaïs Passard, la Fiancée, celle qui, tiraillée par l'amour, change sa destinée et celle des autres personnages. Jordan Sutter, acteur franco-espagnol, interprète Leonardo, un homme que la passion consume, au prix de sa liberté. Marie Venturi incarne la Voisine et la Lune, figure poétique emblématique de l'œuvre de Lorca, et Mélina Straub Cañete, actrice franco-paraguayenne, joue en espagnol la Femme de Leonardo. Julien Masson et Mélody Moudenc apportent une touche de légèreté dans les rôles du Père et de la Servante.

Une tragédie rythmée où les passions se déchaînent, où la danse accompagne le destin et où la poésie de Lorca continue de nous parler de liberté, d'amour et de choix impossibles.